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Faites vous partie de ceux qui ont entendu dire que tenir un journal était très utile, sans pour autant vous y mettre ou tenir dans la durée ? Alors ceci va vous intéresser, car j’étais pareil que vous.

Il y a 90 jours, j’ai commencé à utiliser un journal. Plus précisément, un journal basé sur une période de 90 jours.

Pourquoi trois mois ? Parce que c’est un horizon suffisamment court pour que nous parvenions à établir des objectifs raisonnablement atteignables, et un temps suffisamment long pour mettre en place les actions permettant de les atteindre. 

L’idée est de vous concentrer sur la seule chose à votre disposition à chaque instant : votre journée. Cela devient vite un excellent moyen pour identifier vos propres axes d’amélioration; pas ceux qu’un gourou de la productivité a martelé à des millions de personnes. Là, on parle du « vrai » développement personnel (à condition de se poser les bonnes questions, je vous en dis plus en fin d’article). 

Je vous partage ci-dessous une première série de 5 enseignements tirés de cette première phase.

Illustration Bernard Osada – tous droits réservés

1 – Ce qui n’est pas planifié n’est pas fait. 

Avant de démarrer ces 90 jours, j’avais pas mal d’actions importantes qui prenaient la poussière dans ma to do list. À l’arrivée, j’en ai moins. Pourquoi certaines y sont restées alors que d’autres ont été réalisées ?

Parce que j’en ai planifié certaines et pas d’autres. Planifier, ça veut dire bloquer du temps pour faire ce que vous voulez faire. Évidemment, cela suppose d’utiliser un calendrier au quotidien (encore un truc devenu indispensable que je ne faisais pas avant). 

Dans ce calendrier, faites de la place et inscrivez-y les choses que vous voulez réaliser. Poussez les « obligations » dehors et dégagez ainsi du temps pour vous. Si vous vous négligez trop longtemps, vous perdrez confiance en vous et le moindre projet paraîtra insurmontable. 

2 – Slow is smooth. Smooth is fast. 

C’est un adage que Greg McKeown, auteur d’Essentialism et Effortless aurait emprunté à l’armée. 

Nous vivons dans un monde en hypertension. Le pouls quotidien est bien trop violent pour nous permettre de sortir de l’état de stress chronique dans lequel nous sommes plongés. 

Il faudrait sans cesse produire plus, aller plus vite, gagner plus. Le temps, c’est de l’argent, et de l’argent vous n’en avez jamais assez. Courez les petits hamsters. Non ce n’est pas une roue, continuez… au bout du chemin il y a la mort le succès !

Cela est dommageable pour notre corps, mais aussi pour notre capacité à produire un travail de qualité dans la durée, à un rythme satisfaisant. 

Soyez comme la tortue. La clé : une régularité qui n’épuise jamais vos ressources. 

(Plus facile à dire qu’à faire.)

3 – Le contrôle est une illusion. 

Voilà un point avec lequel l’Humanité entière a du mal, vous et moi inclus (sauf si vous êtes maître zen). 

Nous voulons obtenir certaines choses dans nos vies. Alors nous tentons de contrôler les moyens pour y parvenir. Nous essayons de nous contrôler, de contrôler nos proches, nos collègues, notre patron, les gens avec qui nous interagissons au quotidien et même les évènements. Nous agissons, nous « faisons ». 

Vous ne le voyez peut-être pas comme ça, mais c’est ce qui se passe. Avez vous déjà ressenti de la frustration ? C’est le signe que quelque chose ne se déroule pas comme vous le voulez, que quelqu’un ne fait pas ce que vous voudriez qu’il fasse. 

Tracez un cercle autour de vos pieds. Tout ce que vous pouvez contrôler se trouve à l’intérieur de ce cercle. 

Comme dit une coach avec qui j’ai travaillé : STD. Surrender, Trust, Don’t doubt. Dit autrement : arrêtez de « faire » pour faire. Poussez les dominos dans votre champ d’action et laissez l’Univers bosser. 

4 – Systématisez les tâches répétitives

Quand j’étais salarié, je ne me préoccupais pas plus que ça de l’optimisation de mon temps. L’agenda était beaucoup dicté par des interactions avec d’autres équipes, par de trop nombreuses réunions et par les interruptions permanentes en open space. 

Maintenant que je suis à mon compte, chaque demi-heure compte. Chacune de vos demi-heures compte également. Ou plus précisément l’intention derrière chaque demi-heure. Le temps est le grand égalisateur. Nous avons tous les mêmes 24h chaque jour.

Le temps se gagne en éliminant les tâches qui ne nous servent pas et en optimisant celles qui peuvent l’être. 

Vous répétez une tâche plus d’une fois ? Alors créez une procédure. Une fois que vous avez créé la procédure, suivez-là à chaque fois que vous réalisez la tâche. Chronométrez-vous. Non seulement vous gagnerez du temps, mais vous éliminerez également les erreurs.

Cela ne fonctionne pas pour les tâches créatives. Vous devez leur allouer un temps long sans distraction et accepter ce qui en sort. 

5 – Utilisez des « definition of done »

Dans le framework Agile utilisé en développement informatique, on s’accorde sur la définition d’un développement terminé. Cet accord permet aux développeurs de savoir ce qu’ils ont à faire précisément, et au responsable du produit de valider un développement. Tout le monde sait quand le travail sera fini.

Cela est totalement transposable à vos tâches, journées, et projets. C’est d’ailleurs salutaire. Sans bornes, tout va déborder. Vos tâches vont s’éterniser, vos journées ne finiront pas et vos projets ne verront jamais le jour.

Le seul moyen de sortir de ce cercle infernal, c’est de commencer avec la fin en tête.  Déterminez à l’avance à quoi ressemble la ligne d’arrivée. Une fois franchie, vous posez le stylo. 

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Pour le premier bloc de 90 jours, j’ai utilisé un journal acheté en ligne. Je l’ai simplifié pour les 90 prochains jours, ne gardant que l’essentiel :

  • Trois tâches clés
  • Qui je veux être
  • Ce que j’ai réussi
  • Ce que je peux améliorer

J’ai retenu uniquement ce qui vous permet de tirer des enseignements pratiques, histoire de passer un temps minimal chaque jour à le remplir (quelques minutes). 

Chaque semaine, vous faites un bilan. Cela prend 10 minutes. Idem chaque mois, et à la fin des 90 jours.

Tous un tas d’enseignements qui restent invisibles au quotidien deviennent évidents quand on observe trois mois de notes en vue d’hélicoptère. Vous devenez le journaliste de votre vie. Vous partez à la recherche des non dits de votre histoire.

Téléchargez ici le modèle prêt à imprimer pour la semaine et commencez dès aujourd’hui. Vous vous remercierez plus tard.